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Madame Mao
La pensée de l'invincible Mao Zedong illumine la scène artistique révolutionnaire
Imprimé en février 1969

Jiang Qing, leader de la bande des Quatre et troisième épouse de Mao Ze-Dong, est présentée ici dans son accoutrement de grande prêtresse de la Révolution Culturelle. Tandis que le Grand Timonier, "soleil rouge dans le coeur du peuple", rayonne sur une poignée d'opéras et de ballets révolutionnaires. Cette affiche de 1969 illustre bien le crépuscule du règne maoïste, marqué par le culte de la personnalité et le noyautage du pouvoir par quelques intimes du président.

Jiang Qing débute comme actrice de cinema à Shanghai, sous le pseudonyme de Lan Ping (Pomme Bleue). Il n'y a rien à retenir de sa médiocre filmographie, hormis son rôle de Nora dans une adaptation de Maison de Poupée (Ibsen). Elle met un terme a sa carrière artistique pour rallier les troupes révolutionnaires à Yan'an, base de la résistance communiste. Elle y séduit rapidement Mao Ze-dong, qui répudie sa seconde femme pour l'épouser. Les autres dirigeants communistes, qui n'apprécient guère cette aventurière, obtiennent l'assurance que Madame Mao ne se mêlera pas de politique.

Au début des années 60 elle exerce pourtant quelques responsabilités dans le domaine culturel. Mais son pouvoir est faible et ses décisions rarement appliquées. Apres le désastreux Grand Bond en Avant, Mao a été officieusement écarté du pouvoir. Jiang Qing est également neutralisée. Quelques années plus tard elle se vengera impitoyablement de cette humiliation.

La Révolution Culturelle, brillante manoeuvre de Mao pour reconquérir son pouvoir perdu, propulse Jiang Qing au premier plan. Bien qu'agissant rarement sans l'accord de son mari, elle est enfin dotée d'un réel pouvoir politique. Jiang Qing et ses proches collaborateurs sont sarcastiquement surnommés la Bande des Quatre par Mao lui-même.

Le règne de l'Impératrice Rouge va durer dix ans, jusqu'à la mort du Grand Timonier. Viendra alors l'heure des comptes pour la Révolution Culturelle. Comme il importe de préserver l'image de Mao auprès de la population, la Bande des Quatre devient le bouc émissaire évident. Jiang Qing est condamnée à mort mais graciée. Elle se suicidera dix ans plus tard, en 1991, malade et sans espoir de réhabilitation.