Mao Zedong fut un ªcrivain prolifique. L'inventaire exhaustif de ses ªcrits politiques, rapports, directives et discours n'est d'ailleurs pas achevª. D¿s les annªes cinquante ses droits d'auteurs cumulªs s'ªlevaient ó plus d'un million de yuans - une somme considªrable pour l'ªpoque. Le premier millionnaire de la Chine communiste c'est lui. Longtemps avant que Deng Xiaoping ne lance la course ó l'enrichissement personnel ("s'enrichir est glorieux".)
Le syst¿me des droits d'auteur fut aboli en Chine en 1966, au dªbut de la Rªvolution Culturelle. Il ne sera rªtabli que dans les annªes 90. Seul Mao continua ó recevoir sans interruption les dividendes de ses oeuvres (il eut ªtª dommage pour lui de ne pas profiter d'une pªriode ou ses ventes explos¿rent.) Mao fit cependant preuve d'une grande ingratitude avec l'"ªditeur" de son best-seller (un cªl¿bre livret ó couverture plastique rouge distribuª ó 740 millions d'exemplaires), puisque Lin Biao (par ailleurs ministre de la dªfense) fut exªcutª sommairement au dªbut des annªes 70.
Les droits d'auteur de Mao furent longtemps un secret d'ªtat. Ils ªtaient versªs sur un compte spªcial. Mao n'y touchait gu¿re, l'ªtat pourvoyant au moindre de ses besoins. Il retirait de temps en temps quelques milliers de yuans qu'il offrait ó ses amis ou ó sa famille. Ces maigres dons furent interprªtªs plus tard comme la preuve d'une grande intªgritª (rendez-vous compte: il utilisait son propre argent.) Apr¿s la mort de Mao l'argent continua a s'accumuler. Sa veuve Jiang Qing en rªclama une part au parti, en vain. En 2001 le total des droits d'auteur s'ªlevait ó 131 millions de yuans. Que faire des millions de Mao? A ce jour le Parti n'a pas encore dªcidª.
"Qualis artifex pereo!"
Mao fut aussi un po¿te et un calligraphe. Dans "Les habits neufs du prªsident Mao" Simon Leys nous prªvient toutefois: "Il ne faut pas se faire d'illusions sur la qualitª des crªations artistiques de Mao; s'il n'avait pas jouª un tel rçle sur la sc¿ne de l'histoire, se production poªtique, mince et souvent gauche, se serait difficilement distinguªe de celle de ces centaines de milliers de po¿tes amateurs que la Chine compte ó chaque gªnªration de lettrªs." Pour conclure, mªditons sur la phrase d'un autre sinologue, Arthur Waley: "la poªsie de Mao est moins mauvaise que la peinture d'Hitler, mais pas aussi bonne que celle de Churchill."
PLL
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